Fédération burkinabè de tennis : la relève est en marche !

Fédération burkinabè de tennis : la relève est en marche !

Au regard de son importance, nous vous proposons, in extenso, cet article de nos confrères du journal "Le Quotidien". Il retrace les efforts de la Féd

Au regard de son importance, nous vous proposons, in extenso, cet article de nos confrères du journal « Le Quotidien ». Il retrace les efforts de la Fédération burkinabè de tennis pour préparer une nouvelle élite de la petite balle jaune dans notre pays.  

Depuis 2018, la Fédération burkinabè de tennis (FBT) a mis en place des écoles. Au nombre de cinq, celles-ci marquent la volonté affichée du président Issouf Nacoulma et son équipe de susciter l’engouement des Burkinabè pour la discipline dès leur plus jeune âge. Cela dans le but non seulement de populariser le tennis mais aussi et surtout de former des tennismen et des tenniswomen capables de bousculer la hiérarchie aussi bien sur le plan continental que mondial.

                                 Le président de la Fédération burkinabè de tennis, Issouf Nacoulma

Suite à son élection à la tête de la Fédération burkinabè de tennis (FBT), Issouf Nacoulma a très vite compris la nécessité d’apporter des réformes en vue de populariser « sa discipline », considérée à tort comme un sport de riches. L’une des décisions fortes de la nouvelle équipe fédérale a été la création en 2018 d’écoles de tennis : « Nous avons décidé ensemble avec toute l’équipe fédérale de passer par les écoles de tennis que nous avons mises en place. » Ainsi, ce sont au total cinq écoles de tennis qui ont été mises en place dans les lieux stratégiques de pratique de la discipline. Il s’agit notamment de l’école du tennis club de Laïco, l’école du tennis club de Ouagadougou, l’école du tennis club du centre aéré de la BCEAO, l’école du tennis club du stade du 4-Août.

                          Michel Bessébro en pleine séance d’entrainement avec quelques-uns de ces élèves

Pour ce faire, la FBT a bénéficié de l’accompagnement de la Confédération africaine de tennis et de la Fédération internationale de tennis (ITF). « La confédération africaine nous aide surtout au plan administratif et de l’organisation des compétitions africaines avec des subventions pour permettre à nos jeunes joueurs de compétir au niveau sous-régional. Par contre, l’ITF nous fournit du matériel et un peu d’argent pour le fonctionnement de ces écoles de tennis », a confié Issouf Nacoulma.

Sylvain Nikiéma, entraineur national, confie que malgré les difficultés, la Fédération appuie les encadreurs en leur offrant du matériel pour entrainer les enfants mais également en les appuyant financièrement.

Des débuts timides

Lors de nos différents passages dans les écoles de tennis, nous avons pu observer un certain engouement de la part des enfants âgés de 6 à 16 ans. Dans l’école du tennis club de Laïco, Michel Bessébro a commencé à rassembler les enfants depuis des années afin de partager avec eux son amour pour la petite balle jaune. En effet, ramasseur de balles, joueur puis encadreur, ce jeune coach a ensuite eu le soutien de la Fédération pour formaliser son école. « La nouvelle structure fédérale est en train de mettre les choses en place. Donc, nous avons les enfants d’un certain niveau avec qui nous participons à des compétitions à l’extérieur », a-t-il expliqué.

Ces élèves ont déjà pris part à des championnats d’Afrique notamment au Bénin avec les moins de 12 ans et au Togo avec les moins de 14 ans et les moins de 16 ans. Mais, la discipline étant moins populaire que d’autres à l’image du football, les choses ont démarré timidement. Au tennis club de Laïco, Michel Bessébro travaille avec 8 élèves dont « 3 joueurs complets » et 5 débutants.

A l’école du tennis club de Ouagadougou, Bénaros Kagambèga travaillent avec 12 élèves. Cependant, le nombre n’est pas chaque fois le même : « Les difficultés rencontrées sont majeures. Mais, c’est surtout au niveau des parents. Certains parents sont intéressés, mais ils n’ont pas les moyens de déposer les enfants à l’entrainement à chaque fois. Donc parfois, ils sont nombreux et parfois pas ». Pour autant, le jeune encadreur ne désespère pas convaincu que la discipline finira par se rependre dans les habitudes sportives des Burkinabè.

De l’engouement auprès du jeune public

Sur le court, coach Bénaros Kagambèga a scindé sa classe en 3 groupes pour chaque entrainement. Il y a d’un côté les rouges qui correspondent au niveau 1, celui de l’initiation. A ces derniers, il apprend l’environnement physique, la familiarisation avec la balle et la raquette… En clair une année qui permet aux élèves de se familiariser avec cette discipline qu’ils ne connaissent pas forcément. Au niveau 2, il est question d’apprendre à utiliser sa force, à maitriser les déplacements, les placements et à apprendre comment courir aller frapper une balle et se replacer : « Par la suite au niveau 3, ils apprennent à combiner les actions offensives, à connaitre l’adversité et le partenariat ».

                 Bénaros Kagambèga est convaincu que l’un de ces élèves sera un jour un grand champion

Bénaros Kagambèga reconnait que les jeunes montrent de l’engouement pour cette nouvelle discipline à chaque séance : « Ils sont épanouis, ils s’amusent, ils apprennent… » Et ce n’est pas le jeune Rachid Ouédraogo, 10 ans et en classe de CM1 qui dira le contraire : « J’aime le tennis. Je prends du plaisir à jouer la balle. J’apprends le coup droit, le revers, la volée et le smash ». Ce gamin, malgré son âge, se voit connaitre une carrière future à l’image du Suisse Roger Federer. « J’ai commencé à jouer au tennis à l’âge de 5 ans. J’ai joué un tournoi international au Bénin où il y avait 9 pays engagés et nous avons été 6e. J’ai aussi joué un tournoi à Koudougou. Le tennis me plait beaucoup et je veux ressembler plus tard à Rafael Nadal », renchérit Arsène Nikiéma, 11 ans élève au tennis club du centre aéré de la BCEAO.

 Les écoles de tennis, le creuset des futurs champions

Ancien numéro 1 national de tennis entre 1999 et 2000, Sylvain Nikiéma, entraineur national et encadreur de l’école du centre aéré de la BCEAO, estime que c’est une réelle chance pour le Burkina Faso d’avoir été choisi pour le projet de création d’écoles par la Confédération africaine de tennis. Toute chose qui permet à son école d’accueillir aujourd’hui 25 enfants âgé de 7 à 15 ans. Au tennis club du centre aéré de la BCEAO comme ailleurs, les entrainements sont adaptés aux emplois du temps des apprenants et se déroulent généralement les samedis matins et les mercredis après-midi. « Mais, les enfants qui compétissent ont un entrainement à part », prévient Sylvain Nikiéma. Mais si à leur époque, ils n’ont pas eu la chance de disputer des compétitions de haut niveau au plan international, l’entraineur national affirme que ce n’est pas le cas pour les jeunes tennismen. « Les jeunes ont cette chance puisque la confédération africaine de tennis a commencé au bas-âge. Je suis donc sûr que nous allons pouvoir sortir des champions d’Afrique dans quelques années », foi de Sylvain Nikiéma.

                    Le jeune Arsène Nikiéma rêve d’une carrière comme celle de son idole Rafael Nadal

Aussi malgré les difficultés rencontrées çà et là, la Fédération burkinabè de tennis est focalisée sur son objectif, celui de produire et de préparer de futurs grands champions. Même si la pandémie de COVID-19 ralentit quelque peu les choses, Issouf Nacoulma garde espoir que les écoles finiront par atteindre leur vitesse de croisière dans les prochains mois. Mais d’ores et déjà, cette initiative commence à porter ses fruits. « Notre objectif est d’aider les enfants à s’épanouir à travers la pratique du tennis au lieu de les laisser se balader dans le quartier. Nous les formons pour les faire jouer des compétitions au niveau national et on espère qu’on aura un jour un joueur burkinabè sur le plan international », confie Michel Bessébro. Mais pour y arriver, ce dernier a demandé un accompagnement financier plus accru du ministère des Sports et des Loisirs ainsi que des sponsors et partenaires, car la Fédération, dit-il, ne peut pas tout faire.

Faire briller le Burkina à travers le tennis

Pour lui, il faut travailler à briser les préjugés selon lesquels le tennis est un sport de bourgeois. Ainsi, l’accompagnement financier permettra de mettre à la disposition des jeunes apprenants des balles, des raquettes, des chaussures, des cordages… afin de faciliter la popularisation de la discipline. Car, reconnait Michel Bessébro, le matériel est cher contrairement à certaines disciplines comme le football et les parents sont parfois sceptiques quand il s’agit d’acheter ledit matériel.

Le président de la FBT continue de croire à son rêve qui est devenu, depuis sa réélection en août 2020, un véritable objectif : « Etre représentatif sur le plan africain ».  Quant à la place de deuxième discipline la plus populaire du Burkina derrière le football, Issouf Nacoulma sait que le chemin sera long et périlleux. Mais, il ne perd pas espoir : « Nous sommes conscients qu’il y a beaucoup de travail à faire et nous savons que sans l’appui de nos autorités, ce sera difficile. Nous lançons un appel pour qu’elles appuient le tennis. Au niveau du ministère, ils nous ont encouragés en disant qu’ils voyaient ce que nous faisons et qu’ils constatent que les choses évoluent. Pour que nous menions notre projet à bon terme, il va falloir qu’ils nous appuient », a-t-il laissé entendre.

                L’entraineur national Sylvain Nikiéma appelle le ministère des Sports à soutenir le tennis

Il a encouragé les entraineurs qui, pour le moment, travaillent sans véritable salaire mais avec beaucoup de passion pour l’essor de la discipline. « Pour l’aspect rémunération, ça viendra après. On ne peut pas trouver des millions pour eux, même si nous savons qu’ils le méritent. Mais, on doit faire avec les moyens de bord », a-t-il promis. Il a exhorté les enfants des différentes écoles à travailler avec courage et abnégation afin de se perfectionner et atteindre un jour le niveau des plus grands champions comme Federer, Nadal ou encore Djokovic.  « Je lance également un appel aux parents. Car le tennis est un sport où on a beaucoup plus besoin de l’appui et de la présence des parents. Même au niveau international, les joueurs sont toujours accompagnés par leur père, leur mère… Déjà qu’on ne demande pas grand-chose aux parents, il faut qu’ils arrivent à amener les enfants et les encourager à venir jouer »

De son côté, la Fédération burkinabè de tennis et son premier responsable promettent de jouer pleinement leur partition pour que ce projet prospère et génère les plus grands champions africains et mondiaux de tennis.

Source : Bouélé Philippe BATIONO (Le Quotidien)

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