MARTIN SAWADOGO, DTN FEDERATION BURKINABE DE CYCLISME : « Nous avons de fortes chances de remporter le maillot jaune cette année »

MARTIN SAWADOGO, DTN FEDERATION BURKINABE DE CYCLISME : « Nous avons de fortes chances de remporter le maillot jaune cette année »

Ceci est une interview publiée le vendredi 24 août 2018 dans les colonnes du journal Le Quotidien. Nous vous proposons celle-ci en intégralité. Pro

Ceci est une interview publiée le vendredi 24 août 2018 dans les colonnes du journal Le Quotidien. Nous vous proposons celle-ci en intégralité.

Professeur d’éducation physique et sportive des lycées et collèges, Martin Sawadogo n’est plus à présenter dans le monde sportif burkinabè et singulièrement dans le monde de la petite reine. Successivement officier technique et commissaire de course, l’homme occupe depuis 2008 le poste de Directeur technique national (DTN) de la Fédération burkinabè de cyclisme. Le stratège en chef de l’écurie burkinabè revient dans cet entretien sur la préparation de ses poulains pour ce 31e Tour cycliste international du Faso, la stratégie mise en place pour conquérir le maillot jaune, les critères prévalant au choix des Etalons cyclistes…

Le Quotidien : On imagine que le Burkina présentera, comme il est de tradition, 3 équipes cette année pour le Tour du Faso.

Martin Sawadogo : Ce 31e Tour du Faso verra la participation de 3 équipes du Burkina Faso qui seront encadrées par 3 entraineurs en plus des mécaniciens. Le tout sera chapeauté par ma personne sur le plan technique.

Comment se passe la préparation de ce 31e Tour qui constitue comme vous l’avez annoncé l’objectif principal ?

En termes de préparation, le tour du Faso est notre principal objectif cette année. C’est cela qui fait que nous participons à de grands Tours comme la Tropicale Amissa Bongo, le Tour du Cameroun, le  Tour du Rwanda pour le championnat d’Afrique, mais également les tours africains tels que le Togo, le Bénin et le Mali. Ajoutez à cela les courses au niveau national. Tout cela participe à la préparation des cyclistes burkinabè dont les Etalons.

Sur le plan pratique, il y aura une mise au vert. Cette mise au vert concerne uniquement les présélectionnés, c’est-à-dire ceux qui doivent normalement représenter le Burkina Faso. Elle débutera 4 semaines avant le Tour. Cette année, nous avons opté pour un regroupement massif sur le plan national au lieu d’amener beaucoup de personnes en France. Nous avons choisi Bobo parce qu’il y a beaucoup de relief dans cette ville. Sur l’axe Bobo-Banfora, la route est un peu vallonnée, ensuite il y a Orodara et Ouagadougou. Je pense que c’est un terrain sur lequel nous pourrons travailler sur le plan technique, tactique et mental. C’est très important pour la préparation du Tour.

Nous avons aussi envoyé des stagiaires en partenariat avec le centre continental de cyclisme. L’un deux a même été récupéré par le centre mondial. Il s’agit de Paul Daumont qui est actuellement là-bas et qui  fait la fierté du  Burkina Faso. Ce sont les portes du professionnalisme qui s’ouvrent à lui. Il y a aussi deux espoirs des U23, à savoir Nikiéma Bassirou et Ouédraogo Daouda que nous enverrons bientôt dès le 21 au centre continental en Afrique du Sud. Ils viendront aussi renforcer l’équipe.

Quels sont les critères de sélection des Etalons cyclistes ?

Nous tenons compte de beaucoup de paramètres pour la sélection des Etalons. Le premier critère, ce sont les performances individuelles à des postes donnés. Le cyclisme est un peu comme le football. Il y a des attaquants, des milieux et des défenseurs. Pour le cas du cyclisme, on parle de rouleurs, de sprinteurs ou encore de coureurs bateaux qui sont très endurants et puissants pour prendre l’eau, aller donner revenir et terminer la course. C’est sur ces paramètres que nous sélectionnons les coureurs. Cela veut dire que ce sont les meilleurs du moment à chaque poste que nous sélectionnons. Tour, ce n’est pas un critérium. C’est plusieurs étapes et il faut que les coureurs puissent supporter les charges du travail et finir avec un bon résultat. Il faut ajouter à cela la discipline, l’individualité, la collectivité et l’esprit de cohésion. Le Burkina a 3 équipes de 6 coureurs. Cela fait 18 coureurs et 3 entraineurs. Le directeur technique s’occupe de la coordination, de la gestion et de la maquette. Un coureur peut être intelligent et savoir rouler. Mais, il faut un technicien pour l’amener à suivre les consignes et les objectifs fixés. Notre objectif de départ, c’est le maillot jaune. S’il nous échappe, nous allons rechercher d’autres objectifs. Et même si nous avons le maillot jaune dès la première étape, il faudra travailler de façon tactique pour le conserver. Et un coureur doit être en mesure de le faire. Il ne suffit pas de faire un sprint ou de rouler à une vitesse de 45 km/h. Un coureur peut le faire, mais gâter toute notre maquette. C’est dire simplement que les Etalons cyclistes sont sélectionnés à travers leurs performances sportives du moment et par rapport à des postes donnés, mais également la discipline et l’esprit de sacrifice pour l’intérêt commun.

Pourrait-on avoir une idée de l’identité des cyclistes qui composent à l’heure actuelle l’équipe nationale ?

Dans l’ossature actuelle de l’équipe nationale, nous avons un certain Aziz Nikiéma qui est d’ailleurs le capitaine et qui joue très bien son rôle. Nous avons également Mathias Sorgho qui est très bien actuellement et qui est très endurant, Salifou Yerbanga qui est très discret et qui a remporté la course organisée lors de la journée de l’olympisme à Manga. Vous avez également Saidou Bamogo qui est un grand sprinteur, vous avez le champion national Koné, Monéan Bassirou qui revient en force lors des dernières courses. Il y a Salifou Bikienga qu’on ne présente plus, un certain Harouna Ilboudo qui est un coureur bateau que vous connaissez assez bien. Je n’oublie pas Arnaud Guiguemdé, Abdoulaye Rouamba, Abdoulaye Sokondo, Daniel Kabré que nous avons envoyé à une compétition de VTT (vélo tout terrain, Ndlr) et qui a une bonne vitesse. Nous avons également des espoirs tels que Bassirou Nikiéma et Daouda Ouédraogo qui doivent aller bientôt au centre mondial. Les 12 autres vont participer au Tour de Côte d’Ivoire et au Tour Chantal Biya au Cameroun. Voilà donc une idée d’ensemble des Etalons.

Avec cette équipe de 18 coureurs à votre disposition, avez-vous déjà une idée de ceux qui seront retenus pour l’équipe nationale et ceux qui formeront les 2 équipes régionales ?

Bien sûr. D’ores et déjà, nous savons qui sont les 6 coureurs qui seront en équipe nationale.

Aziz Nikiéma, Mathias Sorgho seront d’office dans l’équipe fanion lors du Tour du Faso. Qui sont les autres ?

Il y a évidemment Sorgho et Nikiéma. Pour les autres, cela peut être Saidou Bamogo, Salfo Bikienga… Mais, nous sommes dans un sport mécanique. C’est pour cela que je n’aime pas donner le plus souvent la composition. Même pour l’équipe A, c’est au terme de la préparation, à quelques deux ou trois jours, que je vois ceux qui sont réellement en forme parce que certains peuvent se blesser et ne pas pouvoir supporter autant d’effort. L’équipe A, c’est surtout la conquête de la première place du classement par équipe. C’est très important. Il faut être très fort parce qu’il faut placer chaque fois 3 coureurs à l’arrivée. Sinon, j’ai déjà une idée de la composition. Sachez que j’ai foi car actuellement, la moyenne nationale nous permet de dire que les Etalons cyclistes iront à ce Tour 2018 dans la meilleure des formes. Ils sont au meilleur de leur forme parce que nous avoisinons une moyenne de 41 km/h et 40 km/h sur le plan national. C’est vrai qu’il y a des costauds qui arrivent. Mais nous sommes sur notre terrain et avec le cœur, nous avons de fortes chances de remporter le maillot jaune cette année. Il va donc falloir annoncer la couleur dès la première étape. J’ai foi. Maintenant, nous sommes en sport et c’est le meilleur qui gagne et je pense que le Burkina sera le meilleur.

Publié Par Bouélé Philippe BATIONO (Le Quotidien)

 

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