Boukary Sawadogo, PCA EFO : « Considérer que le football est un jeu de plaisir uniquement n’a plus de sens »

Boukary Sawadogo, PCA EFO : « Considérer que le football est un jeu de plaisir uniquement n’a plus de sens »

Président du Conseil d’administration de l’Etoile filante de Ouagadougou (EFO), Dr Boukary Sawadogo est le chargé du programme du candidat Amado Traoré. Dans une interview vidéo accordée à nos confrères de Burkinfo24.com, il est revenu sur les grandes lignes du programme. Par ailleurs, il évoque d’autres sujets tels que la notion de foot-business, le bureau sortant, les atouts de Amado Traoré, ainsi que la recherche de moyens pour le financement du programme. Nous avons transcrit l’interview. Bonne lecture !

Monsieur Sawadogo, que peut-on retenir du programme du candidat Amado Traoré ?

C’est un programme ambitieux articulé autour de 5 axes qui a des fondements stratégiques et des valeurs. En terme de valeur, on peut citer la question de la responsabilité, de la redevabilité, de l’esprit d’équipe et plusieurs autres valeurs qui doivent guider l’action du candidat. En plus de ces valeurs, on peut dire que nous avons des principes d’action parce qu’on ne gère pas le football juste pour le gérer, mais on le gère au profit d’acteurs. Donc, il faut une certaine satisfaction des parties prenantes. Il faut une façon de faire qui puisse motiver tout le monde et il faut, comme je l’ai dit, un peu de responsabilité dans la conduite de cette mission. Nous avons principalement 5 axes dans le programme. Le premier, c’est la gouvernance générale de la fédération. Comment gérer la fédération, comment l’améliorer ? Et à ce niveau, il y a les aspects organisationnels mais, il y a également des questions concernant l’animation de la fédération de telle sorte qu’elle puisse accomplir correctement sa mission.
Le deuxième axe c’est le renforcement des compétences des acteurs et la dynamisation des métiers du sport. À ce niveau, il y a plusieurs maillons de la chaîne qui doivent être revus. Il y a des articulations qui doivent être faites pour permettre à chaque acteur de jouer pleinement sa partition dans la mise en œuvre du programme. Il y a l’axe concernant les équipements et les infrastructures. À ce niveau, il s’agit de renforcer les infrastructures existantes, les mettre à niveau et créer de nouvelles infrastructures pour que la pratique du football soit beaucoup plus facile et que cela donne plus de résultats aux acteurs pratiquant sur le terrain. Le quatrième axe, c’est la question du financement. Il s’agit de mobiliser des ressources et de financer le football. Et à ce niveau, il s’agit de tout faire pour avoir des projets qui accrochent les partenaires techniques et financiers, qui accrochent les amoureux du football. C’est là qu’on mobilise les ressources pour injecter dans le football et ça revient par la suite comme des retombées économiques. Et cela peut permettre encore de financer le football.
Le cinquième axe, c’est la création de partenariat et de diplomatie sportive en faveur du football. Tout le monde sait, de nos jours, que le football est comme une activité économique au plan national et même à l’échelle internationale. Considérer que le football est un jeu de plaisir uniquement n’a plus de sens. Il y a des pays qui sont des grandes nations de football, qui relancent leur économie à partir du football. C’est d’ailleurs pour cela que pour organiser les CAN, les coupes du monde, c’est vraiment très rude et pour qu’un pays puisse l’avoir, c’est vraiment difficile. Mais les gens veulent ça pourquoi ? C’est parce que l’organisation peut permettre de relancer l’économie. Donc le football est une activité économique et pour cela, la diplomatie sportive doit faire intégrer le football dans la diplomatie économique générale.
Pour dire que le football est un maillon de l’économie. Quand il y a des négociations à faire avec les partenaires techniques et financiers, je prends l’exemple du traité d’amitié entre la Côte d’Ivoire le Burkina Faso. C’est une occasion pour intégrer le football de telle sorte qu’on puisse avoir des partenariats entre des clubs ivoiriens et burkinabè, qu’on puisse avoir des coopérations gagnant-gagnant entre les deux parties. Mais au-delà de la sous-région, il y a des pays qui offrent des possibilités de partenariat et donc il faut passer par les diplomates burkinabè qui sont dans ces pays pour pouvoir effectuer un travail de terrain qui pourra permettre de contribuer à la réalisation des 5 axes que nous avons cités, mais aussi faire du football, un moyen de développement économique du Burkina Faso.

Vous semblez vous inscrire dans une sorte de rupture avec le comité exécutif sortant. Que lui reprochez-vous ?

Si on dit reprocher, c’est comme s’il y a quelque chose contre quelqu’un ou contre des individus. Ce n’est pas le cas. Mais comme je l’ai dit, dans toute action, il y a des insuffisances. Une action menée à l’idéal n’existe pas. Et comme il y a des insuffisances, il peut y avoir des gens pour corriger ses insuffisances pour aller très loin. Une action qui est d’ordre collectif, on ne peut pas dire que c’est un seul individu qui peut le faire et donc à un moment donné, il faut passer le témoin à d’autres personnes qui apportent l’innovation. L’innovation n’est pas seulement de l’innovation de ce que je fais, mais elle peut être dans l’innovation des hommes qui gèrent. Donc nous disons que ce n’est pas forcément parce qu’il n’y a pas eu de résultats.

«On vient pour apporter un plus et non pour nier ou remette en cause ce qui est déjà fait

Il y a eu des résultats. Comme on l’a dit, ces résultats sont le fruit d’un travail de longue haleine d’acteurs du football durant près de 30 ans que nous avons constaté depuis les années 1998 jusqu’aux cadets qui ont pris la coupe… C’est un travail qui a été fait. Aujourd’hui, il faut repartir repenser le modèle économique du football pour considérer que c’est une activité qui doit profiter à tout le monde, qui doit profiter aux clubs et changer la façon de gouverner en intégrant les acteurs clés dans la gouvernance de la fédération. Donc ce sont des aspects que nous comptons améliorer. Ce n’est pas une question de remise en cause de ce qui est fait. Contrairement à ce que certains pensent, on ne remet pas en cause un travail fait. Un travail a des acquis et des insuffisances. On vient pour apporter un plus et non pour nier ou remette en cause ce qui est déjà fait. Autrement on se remet soi-même en cause.

Votre candidat a présenté un programme très ambitieux qui nécessite énormément d’argent. Où comptez-vous trouver tous les fonds nécessaires au financement de ce programme ?

Les moyens d’un projet dépendent du projet lui-même. Comme on le dit dans jargon, un projet se vend et on vend un projet. Si vous monter un projet et qu’il est pertinent, il répond aux aspirations des acteurs, le partenaire qui vous soutient sait que ça rentre dans le cadreur de ses objectifs. Si vous assurez cette adéquation, il n’y a pas de doute. Vous allez obtenir les ressources qu’il vous faut pour mettre en œuvre le projet. Mais si vous ne disposez même pas de projet, vous ne disposez que d’idée en l’air, il n’est pas évident qu’on mobilise les ressources avec ça. Et vous savez que de nos jours, il y a plusieurs institutions qui peuvent injecter des milliards dans le football. En passant par la FIFA, la CAF, vous avez les comités olympiques même au niveau national qui peuvent porter des projets très ambitieux pour un pays à l’image de ce qui est fait par certains pays comme la Côte d’Ivoire, le Niger qui ont réalisé de grands projets d’infrastructures à partir de cette diplomatie sportive.
Nous utilisons des approches projets. Ce sont des approches qui vont à l’endroit des acteurs qui financent exclusivement le football. Mais sans oublier que l’État peut être un acteur majeur du développement du football parce que comme je l’ai dit, ceux qui ont pratiqué le football, qui ont investi dans le football, sont des développeurs du Burkina Faso. Par conséquent, les activités économiques qui sont menées sont des activités où les uns et les autres sont obligés de payer des impôts. Donc, cela participe au développement économique national.

D’aucuns disent que votre candidat Amado Traoré brigue la présidence de la FBF pour faciliter la vente de ses joueurs. Que répondez-vous ?

Je pense que ce sont des contre-vérités parce que, peut-être que celui qui le dit sait que le président Amado Traoré a tenté de vendre des joueurs et que la fédération a refusé. Si ce n’est pas le cas, c’est que c’est faux parce que ces acteurs arrivent à vendre des joueurs malgré le fait qu’ils ne gèrent pas la fédération. Aujourd’hui si on regarde au Burkina, les premiers acteurs vendeurs de joueurs, c’est Amado Traoré, Rahim Ouédraogo, SALITAS… On ne peut pas dire que c’est leur position qui vas permettre la vente, je ne crois pas à cela. Ils vendent des joueurs malgré qu’il n’ont pas de position. Si le positionnement peut permettre d’améliorer, tant mieux. Mais, je ne pense pas qu’on veut prendre une fédération afin de vendre des joueurs. Si c’était le cas, c’est que Rahim n’allait pas vendre un joueur. Il vend déjà des joueurs sans être à la fédération.
Il ne suffit pas d’être à la fédération pour pouvoir vendre des joueurs. Il faut obtenir le joueur qu’il faut pour le vendre. Si ceux qui le disent pensent par exemple que ce sont des gens qui ne peuvent pas former un joueur, je peux comprendre. Si vous ne pouvez pas former des joueurs, vous ne pouvez pas non plus gérer des équipes, donc par conséquent, vous ne pouvez pas gérer la fédération. C’est logique. Me dire qu’on veut prendre la fédération pour améliorer la vente des joueurs, il n’y a aucun lien établi de façon automatique parce que les acteurs vendent déjà des joueurs sans être à la fédération. Et tous ceux qui ne vendent pas des joueurs ne sont pas au premier plan. Ceux qui le disent, où sont leurs clubs, où sont leurs joueurs à vendre ? Ça veut dire qu’il y a quelque chose qui ne va pas. Et comme je l’ai dit, nous, je parle au nom du conseil d’administration de l’EFO, cette année verra la création de l’académie football de l’EFO. Tout le monde entre dans le business. Je crois que ce sont les journalistes qui ont dit que l’EFO à 5 mois d’arriérés. Je passais tout le temps à lire ça sur la toile et ce n’était pas intéressant parce que quand vous voyez cela, ça vous gêne. Vous ne pouvez pas demander aux gens de cotiser pour payer des masses salariales. Le model ne peut pas être viable. Donc aujourd’hui, il faut avoir un système ou on forme, on vend et on réinjecte pour former d’autres joueurs. C’est, ça le business. Comme quelqu’un l’a dit, si aujourd’hui vous pensez que dans le football, il faut former des gens pour qu’il jouent pour le plaisir, il n’y a aucun financement viable en la matière. Il faut un financement éternel à une activité de plaisir qui est éternel. Les ressources étant rares, il n’est pas évident d’atteindre les objectifs.

L’assemblée générale élective est prévue pour le 22 août prochain avec plusieurs candidats. Quels sont les atouts de votre candidat ?

Les atouts de Amado sont nombreux. C’est quelqu’un déjà qui a un bagage. Il a été joueur de football, passant par l’équipe de football de l’université de Dakar. Il a joué dans les quartiers au Burkina. Il a joué à l’AS RAN. Il a été dirigeant de club de première division. Il a créé un centre de formation qui marche très bien, il arrive à placer des joueurs. Je pense qu’il n’y a pas mieux qu’un monsieur qui a consacré toute sa vie au football pour gérer la fédération. Imaginez docteur Sawadogo dire qu’il veut être président de la fédération aujourd’hui. Les ivoiriens disent « Yeux connait bagage qui est lourd ». Si tu ne peux pas, c’est pas la peine de venir jouer à la plaisanterie parce que là, on veut des actions concrètes pour développer le football.

Les clubs emblématiques, les clubs formateurs, les clubs féminins sont avec Amado.

Ce n’est pas de la plaisanterie. Donc aujourd’hui, c’est l’homme qu’il faut pour venir rassembler les gens, pour tracer le chemin. Nous allons suivre et nous allons attirer son attention sur les imperfections. Tout le monde va contribuer y compris les journalistes pour faire du football ce qu’on veut qu’il soit. Donc, il n’est pas question de dire qu’il a eu la fédération donc on va se dédouaner de ses engagements. Il y a des gens qui sont à côté et nous allons veiller au grain pour qu’au mois dans ce qui va être fait, nous puissions être sûr d’atteindre les objectifs. Comme je l’ai dit, si on n’atteint pas les objectifs, à un moment donné on ne sera pas à l’aise quand on va circuler dans la ville de Ouagadougou. C’est une obligation pour nous d’avoir des clubs avec nous. Ce qui est déjà fait parce que les clubs acquis au président Amado Traoré écrasent la concurrence. Les clubs emblématiques, les clubs formateurs, les clubs féminins sont avec Amado. La question des ligues dont les gens parlent sont des instruments de communication. Un soutien n’est pas un parrainage, un parrainage n’est pas un soutien et un parrainage n’est pas un parrainage d’individus. On a lu tout ça sur le net et c’est des questions qui se posent. Pourquoi communiquer quand on sait qu’on a des acquis ? Quand on sait qu’on gagne on ne communique plus. Moi quand je sais que je gagne, je ne vais pas souscrire à des parutions quotidiennes pour gaspiller mes ressources. C’est une action de communication, c’est de l’instrumentalisation communicationnelle mais nous sommes sereins, on sait qu’on a fait de bons choix et on va aller jusqu’au bout.

Interview réalisée par Burkinfo24 transcrite par Théophile Oliélé BAYALA pour Letalon.net

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