COVID19 et difficultés des clubs burkinabè : « Il faut quitter cette mentalité d’assistanat à tout va », col Sita Sangaré

COVID19 et difficultés des clubs burkinabè : « Il faut quitter cette mentalité d’assistanat à tout va », col Sita Sangaré

En marge de la réception officielle du stade Issoufou Joseph Conombo, le 9 avril dernier nous avons échangé avec le président de la FBF. Aussi, le suj

En marge de la réception officielle du stade Issoufou Joseph Conombo, le 9 avril dernier nous avons échangé avec le président de la FBF. Aussi, le sujet abordé était principalement l’impact du COVID19 sur les activités sportives et les clubs. « Cette pandémie porte un coup très dur à l’ensemble de nos activités », estime-t-il.

Letalon.net : Quel est l’impact du COVID19 sur les activités de la FBF ?

Colonel Sita Sangaré  : Le monde du football vit très douloureusement cette pandémie de coronavirus parce que comme vous pouvez le constater, depuis quelques temps, alors que nous nous acheminions allègrement vers la fin de nos championnats, nous avons été comme stoppé net. Il y a eu d’abord le Conseil des ministres qui avait amené quelques restrictions. Après cela, le ministère des Sports et des Loisirs a pris un arrêté pour suspendre le renouvellement des ligues et aussi interdire toute manifestation sportive ouverte au public.

A la suite de cela, la Fédération, qui adhère pleinement bien sûr à toutes ces mesures, a instruit l’arrêt de toutes les compétitions. Il faut dire que depuis le mois de mars, nous avions décidé de suspendre le championnat de première division pour permettre une bonne participation de nos Etalons locaux au CHAN. Maintenant, on a carrément pris une autre décision pour suspendre toutes les compétitions pour tenir compte de la propagation de la pandémie. Pour me résumer, cette pandémie porte un coup très dur à l’ensemble de nos activités.

A l’heure actuelle, les acteurs et les clubs traversent des moments très difficiles. La FBF a-t-elle prévu des mesures d’accompagnement ?

Au niveau de notre football, il n’y a que de l’accompagnement. Je dois rappeler que la Fédération donne des subventions aux clubs. Sur négociation, le ministère donne également des bourses. Lorsque les équipes se déplacent, la Fédération prend en charge les frais de déplacement, d’hébergement et de restauration. Donc, je ne sais pas trop ce qu’on peut attendre. Je pense qu’il faut quitter cette mentalité d’assistanat à tout vent. C’est vrai que j’entends par ci et par là : « Qu’est-ce que le gouvernement fait ». Depuis le début de cette situation, il y a des réunions périodiques au niveau du cabinet où nous essayons de mesurer l’ampleur de la situation. Nous suivons l’évolution pour voir ce qu’il y a comme décision à prendre. Nous sommes attentifs. Nous savons qu’au niveau de la première division, il restait 6 journées à jouer. Nous savons qu’actuellement il est impossible pour les joueurs de s’entrainer. Donc, même si un jour on vient nous dire que la pandémie est finie ou alors qu’elle s’est amenuisée de sorte qu’on puisse reprendre les activités, il faudrait encore donner un temps aux équipes pour s’entrainer. Il faudrait que nous regardions pour voir si tout cela peut entrer dans notre calendrier parce que nous avons un calendrier où il y a une période officielle pour la fin de la saison sportive. Donc, nous nous réunissons pour voir qu’est-ce qu’il y a à prendre comme décision. Vous savez très bien qu’actuellement, avec les mesures d’interdiction de regroupement de plus de 50 personnes, nous ne pouvons pas réunir une grande audience. C’est pourquoi je vous ai dit que nos réunions sont limitées pour l’instant au niveau du cabinet de la Fédération qui regroupe le président, les vice-présidents et le secrétaire général. Nous essayons de voir ce qu’il y a à faire et nous ne manquerons pas d’aviser les clubs de toute suite utile nécessitée par la situation.

Un mot à l’endroit des joueurs et de tous ces supporters qui ne peuvent plus se retrouver au stade pour vivre leur passion.

C’est une situation déjà difficile pour nous. Nous comprenons donc que pour les acteurs c’est également difficile. Nous demandons aux joueurs, même si c’est individuellement dans leur maison, de s’exercer parce que tout muscle qui ne travaille pas finit par s’atrophier. Donc, il faut s’exercer comme on peut. Chacun doit continuer à se maintenir comme il peut en attendant que la mesure sanitaire puisse évoluer favorablement. Le football est une discipline de contact et la mesure gouvernementale est la bienvenue parce que si on doit jouer, on va multiplier les risques de propagation de la pandémie. Donc, c’est vraiment à contrecœur que ces mesures sont prises et nous leur souhaitons de bien se maintenir, de bien gérer cette mauvaise passe en attendant que la situation s’améliore. Nous leur disons que la fédération suit la situation de très près. Nous avons produit récemment une circulaire dans laquelle nous invitions les clubs à suivre scrupuleusement les termes des contrats conclus avec les joueurs et à respecter également la législation en vigueur, à savoir le code du travail au Burkina Faso. Comparaison n’est pas raison, ailleurs vous voyez les joueurs proposer volontairement de baisser leurs salaires. Ici, il n’y a véritablement pas de mesures d’accompagnement parce que la fédération elle-même subit un grave préjudice. Nous croisons les doigts pour que tout rentre rapidement dans l’ordre parce que ce n’est pas une situation facile mais une situation absolument nécessaire parce que cette pandémie est bien réelle n’en déplaise à certains qui continuent à s’amuser avec. Il faut vraiment prendre au sérieux parce que ça concerne le monde entier et le Burkina n’est pas à l’abri de cela. Adoptons des comportements vraiment responsables, appliquons toutes les mesures barrières édictées par l’OMS. Inchallah un de ces jours, nous pourrons reprendre allègrement nos activités.

Entretien réalisé par Yiyé Yannick BAZIE (www.letalon.net)

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